Selon le site internet de la région, les Hauts-de-France sont le 2ème ensemble portuaire de France, après l’ensemble « Le Havre-Rouen-Paris ». Cette importante façade maritime présente trois ports majeurs : Dunkerque, 3ème port français et 1er port national de fret ferroviaire ; Calais, 1er port français de voyageurs et celui qui nous intéresse pour ce dossier, Boulogne-sur-Mer, n°1 de la pêche et de la transformation des produits de la mer.
Puisqu’il est question de Boulogne-sur-Mer, parlons un peu de Capécure ! Ce quartier économique de la ville abrite nombre d’entreprises dans le négoce et la transformation des produits de la mer métier.
Une démarche de prévention durable des risques professionnels dans le mareyage a débuté en 2006, elle a conduit à la création du guide de prévention des TMS à destination des employeurs et d’un logiciel d’autoformation à destination des salariés.
Ces outils ont nécessité la participation coordonnée des différents acteurs de prévention des risques professionnels (ARACT, ASTIL62, Carsat Hauts-de-France, DDTEFP, Sise) en s’appuyant sur la pluridisciplinarité et sur la dynamique d’employeurs soucieux de comprendre et maîtriser l’émergence des troubles Musculosquelettiques des mareyeurs de la région de Boulogne-sur-Mer.
Cette initiative a été relayée par le Syndicat Général des Mareyeurs de Boulogne-sur-Mer et coordonnée par le pôle de compétitivité AQUIMER.
Le conseil régional, le service de Santé au Travail (ASTIL62) et le GRSP ont financé le projet. Le MEDEF Côte d’Opale a soutenu cette étude au regard de l’importance socio-économique de la filière halieutique pour le littoral.
Frais Embal, PME spécialisée dans la découpe et le conditionnement de poisson frais à Boulogne-sur-Mer, mène depuis des années une démarche de lutte contre les TMS. Pour venir à bout des tendinites, épicondylites et syndrome du canal carpien, cette PME améliore les conditions de travail à travers l’évolution de son outil industriel.
Frais Embal a limité les manipulations des filets par la mise en place d’un dégraissage des saumons sur un tapis en continu et par la mise en place de tapis de transfert entre les lignes. L’entreprise a également favorisé le transfert des filets par glissement entre deux tapis.
Enfin JC David, entreprise de salage et fumage de poisson de manière traditionnelle et haut de gamme à Boulogne-sur-Mer, a étudié l’ergonomie de la plupart de ces postes de travail. Des mesures de prévention organisationnelles (temps de pause, polyvalence despostes, technique d’habillement), techniques (achat de sièges adaptés, modification de la hauteur des plans de travail, achat de machines spécialisées) et humaines (sensibilisation des salariés par un logiciel d’autosensibilisation) ont pu être mis en place.
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On sommes les établissements JC David, implantés à Boulogne-sur-Mer, dans le quartier de Capécure, le cœur historique et industriel de la pêche. Nous fumons du hareng, de l’églefin et du saumon depuis près de 40 ans. L’entreprise compte aujourd’hui 47 salariés. Notre production repose sur un savoir-faire humain très spécifique. Nous utilisons des fours à bois traditionnels et nos ateliers sont très peu mécanisés. Les salariés sont confrontés à des conditions de travail difficiles, comme le bruit, le froid et parfois la fumée. En 2008-2009, nous avons constaté un nombre important de maladies professionnelles déclarées au sein de l’entreprise. Nous avions également des difficultés à réadapter certains salariés revenant de congés maladie ou d’accidents de travail. Nous avons été contactés par le conseiller Carsat, venu nous sensibiliser à cette problématique. Nous avons accompagné l’entreprise en quatre étapes. La première étape consistait à aider l’entreprise sur son cœur de métier, sur un poste de travail très sollicité dans l’atelier de ballottine. L’ergonome mandaté par le médecin du travail a mené une étude approfondie. Nous avons travaillé de concert avec les salariés, qui ont expliqué souffrir du cou et de la nuque à force de garder la tête baissée. Nous avons alors apporté des balances réglables en hauteur, ainsi que des sièges assis-debout pour soulager les membres inférieurs. Un déflecteur a été installé pour éviter que la ventilation ne les gêne. Nous avons aussi travaillé sur le port de charges avec des transpalettes à haute levée, afin de mettre les palettes à hauteur. La polyvalence a été développée pour faire tourner les salariés et éviter les gestes répétitifs. Nous avons également organisé des formations et des sensibilisations pour les salariés et l’encadrement. La deuxième étape visait à sortir l’entreprise du mode curatif pour passer en mode préventif, en étudiant l’aménagement d’autres postes de travail, comme le poste de nettoyage. Avant, les conditions de travail étaient très difficiles : un seul Kärcher servait à nettoyer l’ensemble des chariots, géré par une seule personne. Nous avons acquis une nouvelle machine permettant un cycle de sept minutes. Le confort a été amélioré avec l’installation d’une ventilation adaptée. La surface de travail a été agrandie, et les chariots sont désormais positionnés à hauteur dans la machine, ce qui permet de manipuler facilement tout ce qui est lavable. La troisième étape a porté sur la réorganisation du travail, notamment des flux de circulation et de stockage. L’atelier de stockage a été rapproché de la zone d’utilisation. La quatrième étape a consisté à intégrer les principes ergonomiques dès la conception des futurs locaux. Cela concerne la composition du sol, la ventilation pour obtenir un flux plus diffus, la luminosité et le choix du matériel. Aujourd’hui, la prévention des TMS et les conditions de travail sont devenues un enjeu stratégique pour l’entreprise. Le programme TMS Pro est structurant, car il met à disposition des outils pour avancer dans la démarche de prévention. Cependant, il doit continuer d’être accompagné par un conseiller. Gagner ce trophée est pour moi une reconnaissance du travail accompli ces huit dernières années : par les équipes encadrantes, les salariés, le dirigeant qui a investi, et par le conseiller Carsat qui nous a accompagnés. Il est un contributeur majeur du succès que nous avons remporté. Aujourd’hui, c’est une victoire et une belle reconnaissance de tous nos investissements.
En 2011, le projet a abouti sur un guide à destination des dirigeants et de ceux qui impulsent la prévention au sein du logiciel et un logiciel d’autoformation pour les salariés (vidéos de mise en situation, quiz, interviews).
Pour en savoir plus sur le mareyage, consultez la page dédiée sur le site de l'INRS
Pour vous aider dans le repérage de vos risques liés au mareyage, consultez le document pdf :
L’activité du mareyage (PDF - 767 ko)